Réponse aux principaux arguments des anti-mariage.
Le mariage est une institution et non un privilège ou un acquis social.
La première question a se poser est “Qu’est ce qu’une institution?”.
Le terme institution (institutum in.), du latin instituo (instituer, établir), désigne une structure d’origine coutumière ou légale, faite d’un ensemble de règles tourné vers une fin, qui participe à l’organisation de la société ou de l’État.
Une institution désigne une structure sociale (ou un système de relations sociales) dotée d’une certaine stabilité dans le temps. Sociologiquement, une institution est l’ensemble des faits sociaux, mais à condition que ces faits sociaux soient organisés, se transmettent et finalement qu’ils s’imposent. On peut prendre notamment en exemple : le mariage, le diplôme.
Wikipédia
Allons plus loin dans le texte “une institution est l’ensemble des faits sociaux”. Qu’est ce qu’un “Fait social”?
Le fait social est l’objet d’étude de la sociologie selon Durkheim. Il décrit tous les phénomènes, tous les comportements, toutes les représentations idéologiques, religieuses, esthétiques (…)
(…)
Le fait social s’impose à l’individu, qu’il le veuille ou non, et non le contraire. Il correspond à un système de normes établies pour et par la société et n’est que rarement modifiable autrement que par un bouleversement social ; l’homme acquiert nombre d’entre elles dès le début de son éducation et tend à en intérioriser une grande partie.
Il existe plusieurs moyens de reconnaître un fait social. Un des critères consiste en déterminant la résistance au changement d’une chose : « on reconnaît principalement un [fait social] à ce signe qu’elle ne peut pas être modifiée par un simple décret de la volonté4. »
Wikipédia (en gras par mes soins)
Depuis des décennies et plus fortement ces dernières années, on assiste clairement a un bouleversement social : les homosexuels vivent au grand jour, se mettent en ménage, fondent des familles et réclament comme tout autre citoyen les mêmes droits, les mêmes protections, eux qui se plient déjà aux mêmes devoirs (impôts etc…)…
Suivant la détermination du fait social de Durkheim, ce bouleversement social qui a lieu est donc un véritable fait social car il ne peut en aucun cas être modifié par un simple décret de la volonté. L’homosexualité n’est ni un choix, ni une maladie mais quelque chose qui s’impose a l’individu, et aucune loi n’est en mesure de l’interdire. Pour rappel, l’homosexualité n’est plus considéré comme une pathologie depuis 1973 aux États-Unis et depuis 1981 en France.
En France, depuis plus de trente ans, on ne peut ignorer l’existence des couples homosexuels, leur besoin d’être considéré comme des couples a part entière et de savoir leur amour reconnu et accepté au même titre que les couples hétérosexuels. Il est primordial pour eux que l’homosexualité ne soit plus considéré comme une pratique sexuelle marginale mais admise comme un état inhérent a l’individu entraînant le même besoin d’amour, de sécurité, et de bonheur qu’un hétérosexuel, la même envie d’être heureux en couple et le même désir de fonder une famille.
Face a ce fait social, un premier pas a été fait en 1999 avec le PaCS mais ne garantissait pas le même cadre qu’un mariage, notamment sur la question des enfants en cas de décès d’un des deux parents. Le problème de l’égalité entre couple hétérosexuels et homosexuels était donc toujours d’actualité.
Au jour d’aujourd’hui, c’est le mariage civil qui est réclamé, toute dimension religieuse est donc écartée. Rappel, la séparation de l’église et de l’état est effective en France depuis 1905.
Le mariage considéré comme une institution doit évoluer face a l’évolution même de la société et s’adapter aux réalités de son époque. Nous pouvons noter comme évolutions du mariage : le divorce, les enfants hors mariage, la suppression de « le mari doit protection à sa femme et la femme obéissance à son mari » au XXèm siècle pour arriver a l’égalité entre époux dans leurs rapports respectifs en 1970 etc…
Autre point intéressant :
Le droit de se marier et de fonder une famille est considéré comme un droit fondamental de la personne (article 12 de la Convention européenne des droits de l’homme).
Ministère de la Justice : www.justice.gouv.fr
Ici, le mariage civil n’est pas considéré comme une institution mais comme un droit fondamental. Il est donc dénué de son poids traditionnel et religieux.
Sur le plan symbolique, le mariage signifie l’entrée dans la norme et la reconnaissance d’un statut social. Il reste aujourd’hui le seul mode d’engagement qui permet d’inscrire une relation de couple dans le temps et plus précisément, de la rattacher à une histoire familiale. Il est un projet à renforcer chaque jour, car ponctué par une série d’étapes inhérentes à la vie de couple.
(…)
Le mariage s’impose comme la célébration de l’amour fidèle qui scelle un engagement indissoluble. Il vient le plus souvent, aujourd’hui, comme un second temps de la relation du couple, succédant à une période d’union libre, même avec naissance d’enfants.
(…)
Les époux dirigent ensemble la famille et exercent en commun l’autorité parentale définie comme ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant » (art. 371-1 du Code civil).
Ministère de la Justice : www.justice.gouv.fr
Face a ces éléments, continuer d’interdire l’accès au mariage aux couples de même sexe serait bafouer l’article 12 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Ce serait refuser leur existence en tant que couple a part entière, et plus grave encore, continuer d’ignorer l’existence de centaines de milliers d’enfants issus de familles homoparentales en leur refusant la protection de l’État.
La procréation est inhérente au mariage.
Pour répondre a cet argument qui ne repose sur aucun article du Code civil, il est important de rappeler que les homosexuels réclament l’accès au mariage civil et non religieux qui lui, en parle ostensiblement.
Si le mariage civil obligeait les époux a procréer, il faudrait instaurer un test de fertilité avant d’obtenir l’autorisation de s’unir devant le maire et interdire les mariages entre hétérosexuels de plus de 40 ans (après 40 ans, les grossesses sont plus risquées et les risques de trisomie 21 augmentent, donc dans l’intérêt de l’enfant…).
L’accès au mariage pour les homosexuels va déstructurer la famille et va faire perdre ses repères a la société.
Le mariage pour tous vise justement a structurer, encadrer et protéger les enfants issus de familles homoparentales, dans l’intérêt de l’enfant.
Qui se sent atteint par le mariage de tel ou tel couple aujourd’hui dans notre société? Personne, car il s’agit du bonheur de chaque couple et de leurs proches, et ça ne concerne que les principaux intéressés.
Prétendre que le mariage des couples homosexuels va briser les repères sociaux, c’est a la fois accorder beaucoup d’importance a un acte d’amour des plus commun, et insulter l’intelligence des français. Quelle incidence sur la vie des familles hétérosexuelles si leur voisins de palier se marient? Est-ce que leur petit déjeuner aura un goût différent? Est-ce que leur émission préférée cessera de passer a la télévision? Est-ce qu’ils auront une augmentation de salaire? Non. Ça ne changera strictement rien a leur quotidien, dumoins pas plus que si leur voisin de palier était un arabe, une mère célibataire, une personne âgée ou une famille comme la leur.
Le mariage pour tous va inciter les gens a devenir homosexuel et il y aura de moins en moins d’enfants car ils ne peuvent pas se reproduire.
L’homosexualité n’est pas un choix mais quelque chose qui s’impose a l’individu. Face a la reconnaissance par l’État de leur existence et de leur légitimité a exister au même titre que les autres, les homosexuels vivront simplement sans se cacher, et vous pourrez être surpris d’apprendre que votre meilleur ami, ou votre sœur, ou votre oncle est homosexuel sans que vous le sachiez. Ne vaut-il pas mieux vivre en étant sois-même que se cacher et vivre la vie de quelqu’un d’autre par peur d’être rejeté?
Sur la question démographique, avec l’accès a l’adoption et a la PMA, ce soucis de naissance/enfants n’en est plus un.
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En conclusion, la réticence farouche au mariage pour tous est fondée uniquement sur l’héritage traditionnel et religieux de chacun et n’a aucune légitimité aux yeux de la loi.